J'Echange pour apprendre

 

Accueil
Remonter
Qui nous sommes
Mot du Bureau
Bureau
Feuille de route
A venir
Revue de presse
Autres sites
Informations

PROJET D’ÉCHANGE (jumelage)

Centre d’Intégration Scolaire / École Publique Primaire de Sambrégnakro

Mission du Regroupement Ivoirien Canadien et
Fondation des Femmes Autonomes du Monde
en Côte d’Ivoire – septembre 2003

Le Regroupement Ivoiro-Canadien (RIC) est un organisme à but non lucratif dont l’objectif vise à rapprocher les Ivoiriens vivant au Canada et les Canadiens en encourageant les échanges socio-culturels ainsi que le jumelage d’écoles et de villes des deux pays.

Naissance d’un partenariat

Dans la poursuite de la réalisation de ses objectifs, le RIC entreprend de mettre en rapport deux écoles – en partenariat avec un autre organisme de Montréal, la Fondation des Femmes Autonomes du Monde.  L’une des écoles est située à Montréal, (le Centre d’intégration scolaire Inc.), et l’autre dans le département d’Agboville en Côte d’Ivoire (lÉcole primaire publique de Sambregnakro).

La Fondation des femmes autonomes du Monde (FFAM), vouée à la cause des femmes dans le monde, a été fondée par Madame Diane Martin.  Nous nous sommes rencontrées dans les studios de télévision de Global Québec où nous avions toutes deux été invitées dans le cadre d’une soirée de promotion.  Monsieur Henri N’Gaka, animateur-producteur des programmes communautaires, et de l’émission « Paysage Afro-monde » produite par Global Télé, nous avait présentées l’une à l’autre.  Spontanément, nous avons échangé, et partageant une même vision, qui est de voir se manifester le rapprochement des cultures de ce monde, notre relation – née ce jour – se poursuit toujours.

Projet école

Lors de notre première discussion, dans un restaurant, rue St-Hubert, Diane m’a confié que le directeur de l’école que son fils fréquente et où elle est membre du comité de parents voyait d’un bon œil l’idée de donner des livres scolaires, non utilisés chez eux, à des enfants qui pourraient les apprécier. 

Diane m’expliquait que le directeur de l’école de son fils ne voulait pas seulement donner, mais développer un véritable lien d’échange avec une autre école.  J’étais émerveillée : comme présidente fondatrice du RIC, dont la mission est « de se rapprocher pour mieux se connaître », je voyais se dessiner un projet qui allait fournir au RIC la possibilité d’établir un lien entre deux écoles et même deux pays très éloignés l’un de l’autre.

Diane a rédigé une proposition, et ensemble, nous avons évalué sa faisabilité et la possibilité de faire participer les jeunes de l’école de Montréal dans d’autres activités qui les rapprocheraient de ceux de Côte d’Ivoire.  L’effectif du RIC a approuvé  le projet de rapprochement scolaire et, d’un commun accord, le directeur de l’école, le RIC et la FFAM, ont arrêté l’échéancier devant assurer sa mise en œuvre.

Jumelage des écoles

Dès lors, par l’entremise d’Edmond Naki, représentant du RIC en Côte d’Ivoire et du Pr N’Dori Raymond, ministre de la Construction et de l’Urbanisme en Côte d’Ivoire et un des membres d’honneur du RIC, nous avons cherché une école, en Côte d’Ivoire.  Par le biais du Conseil général d’Agboville, le Pr N’Dori avait entendu parlé d’une vieille école susceptible de répondre aux attentes du RIC, en quête d’une école dépourvue de bibliothèque.

Ainsi, le Président du Conseil général, Monsieur Yavo Marcel, nous a fourni les coordonnées de la directrice de l’École primaire publique Sambregnakro (EPP), construite en 1964, et dépourvue de bibliothèque.  Nous avons acheminé à celle-ci notre proposition d’échange culturel entre enseignants et élèves.  Elle a accepté.  M. Edmond Naki s’est rendu à Sambregnakro prendre des photos pour nous.

On a demandé aux élèves de l’EPP de nous décrire leur école et leur environnement de vie pour que les jeunes du Centre d’Intégration Scolaires Inc. (CIS), à Montréal, qui est une école pour enfants en difficulté d’apprentissage, aient une idée de leurs correspondants.

Triste réalité

Mais les lettres nous parvenant de Sambregnakro étaient des cris d’alarme… Il est question de l’état physique de l'école : le toit de tôle est si percé que dans certaines classes il pleut, tout simplement, et durant la saison des pluies, il faut fermer l’école, ce qui est malheureux, en périodes d’examen, surtout.  L’éducation des jeunes est compromise et leur avenir aussi.  Les photos montrent des jeunes filles et des garçons, l’air intelligent et plein d’envie d’étudier, de même qu’une école en piteux état : dans certaines classes, les tableaux sont fendus sur toute la longueur, par la force du mur qui l’est aussi; le sol est tellement creusé que l’eau de pluie, qui inonde la classe, y reste stagnante, imbibant les murs jusqu’à créer de la moisissure qui se répand sur les pupitres en bois…

Mobilisation

Cet échange nous faisait prendre conscience d’une misère stupéfiante : d’un commun accord, la FFAM et le RIC décidèrent de faire quelque chose.   Le directeur de l’école était de notre avis, et a eu l’idée géniale de faire participer ses élèves, les engageant dans un projet de soutien et d’aide. Diane et moi avons composé un montage de photos de la Côte d’Ivoire sur cartons géants et enclenché une campagne de sensibilisation auprès des élèves du CIS de Montréal. Nous avons fait une présentation dans toutes les classes.

Ainsi, en plus d’offrir les livres de leur école, les élèves décidaient de conserver tout ce qu’ils sont tentés de jeter à la fin d’une année scolaire (stylos, règles, crayons, effaces, feuilles, cartables, cahiers à moitié utilisés, etc.).

Ce fut un succès.  Nous avons visité chaque classe et les élèves s’estimaient heureux de leur condition d’étude et de vie, comparées à celle de la Côte d’Ivoire. Dans certaines lettres, les jeunes Ivoiriens mentionnaient qu’ils devaient marcher pour se rendre à l’école (la distance était grande) et revenir le soir dans leur famille.

De plus, les deux organismes ont décidé d’élaborer un plan de levée de fonds pour faire des  rénovations à l’EPP Sambregnakro…

Vente de garage et spectacle bénéfice

Une grande campagne a été mise en branle par le biais d’une vente de garage, projet lancé par Lucie Pelletier, membre du RIC.  Tous les membres du RIC étaient invités à faire des dons, en menus articles, biens, meubles et vêtements pour la vente de garage dont les profits allaient être consacrés à la rénovation de l’EPP Sambregnakro.  La vente, qui a eu lieu le 14 juin, a rapporté 1 400,00 $, à quoi s’ajoutèrent des dons en argent d’individus, du consulat et de l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Ottawa et du Cirque du Soleil (300,00$), qui a cru à notre projet; le centre d’achats Zeller’s a donné des stylos et des crayons, et accordé une réduction à l’achat des boissons gazeuses vendues à l’occasion de notre deuxième levée de fonds : un spectacle bénéfice du groupe Takadja (Robert, Francine, Zall, Patricia) qui a eu lieu le 23 août 2003.  L’événement a rapporté 1 800,00 $.

Ainsi, nous avons rassemblé la petite somme de 3 800,00 $ pour colmater les lézards, changer les tôles et peinturer entièrement l’école.  Nous apportions cet argent en Côte d’Ivoire pour l’exécution de ces travaux dans la perspective que parents, enseignants et élèves de l’EPP Sambregnakro allaient fournir la main d’œuvre de façon bénévole.

Équipe bénévole

Pour contribuer à la réussite de ce beau projet, une équipe de cinq (5) volontaires canadiennes, et membres du RIC, se sont envolées vers la Côte d’Ivoire.  Ce sont : mesdames Michèle Veber, Josée Brunelle, Gisèle Kouame, Liliane Vincent et moi-même, Béatrice Zako… avec, en prime, la prière de tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation de ce projet d’échange.  Chacune des passagères a absorbé une partie du transport des boîtes de livres et matériaux scolaires dans la moitié de son poids-bagage autorisé, soit 32 kilos par passagère.  Nous partions avec 14 boîtes de livres et d’effets scolaires et des équipements de sport (ballons de football et volley-ball).  

L’École publique primaire Sambrégnakro

Nous avons atterri à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 29 août 2003 à 3 heures du matin.  La première semaine, nous avons refait le plein d’énergie nécessaire à contrer le décalage horaire, certaines d’entre nous foulaient le sol africain pour la première fois, et nous nous sommes rendus à l’EEP pour rencontrer la directrice et établir la priorité des travaux à faire selon les moyens disponibles.

Mais ce que j’ai vu m’a attristée : la situation était pire que ce que les élèves avaient décrit.  Le toit du bâtiment, s’étalant sur une superficie de 6 classes, était à refaire entièrement!… et l’établissement était dépourvu de toilettes – pas de latrines ou sanitaires, comme on les nomme là-bas.

Les élèves, comme les enseignants, utilisent les latrines de l’école voisine ou vont dans la broussaille qui entoure l’école!… où ils rencontrent parfois, nous dit-on, des amis non désirables… comme des serpents… et la seule envie qui leur reste est de fuir en courant…

À première vue, il semblait évident que les moyens dont nous disposions ne pourraient pas suffire : le travail à faire était énorme.  Nous décidons de faire l’essentiel.  Je me rends chez le marchand de matériaux de construction, en compagnie de la directrice, en vue de préparer les travaux de réhabilitation devant commencer deux ou trois jours plus tard.

Agboville

Grâce à notre membre d’honneur, le Pr  Raymond N’Dori, en plus d’un don 1 200 $ en argent, a mis à notre disposition voiture et chauffeur pour nous déplacer durant notre mission de réhabilitation en plus de nous loger à son domicile.

Agboville est située sur une colline, à quelque 85 km d’Abidjan; c’est une belle ville avec des maisons coloniales dans certains quartiers.  À 9 heures, le lundi 8 septembre 2003, nous nous sommes rendues au ministère de la Construction où nous attendait notre chauffeur attitré, un homme gentil et serviable qui a contribué au bon déroulement de notre mission.

Nous avons pris la route vers 10 heures, et 45 minutes plus tard, la directrice nous recevait dans la cour de l’école – qui est un quadrilatère autour duquel se trouvent trois (3) autres bâtisses-écoles – elle nous présentait le président du comité de parents.

Mes amies, participantes bénévoles, et moi, nous sommes avancées vers le petit groupe, qui venait aussi vers nous pour nous souhaiter le traditionnel « Akwaba » - bienvenue-bonne arrivée.   Nous nous sommes présentés les uns aux autres, et sans tarder avons enfilé nos vêtements de travail, dans le bureau de la directrice, prêtes à commencer le travail!  Les amies découvraient l’école et constataient l’ampleur de la tâche à accomplir.

Parents bénévoles en Côte d’Ivoire

J’ai demandé au président du comité de parents combien de bénévoles étaient disposés à nous aider.  Au téléphone, auparavant, la directrice avait été mise au courant de la nature spécifique de notre engagement par rapport aux matériaux de construction et du besoin de travailleurs bénévoles. 

La réponse ne fut pas très satisfaisante, quelque peu décourageante : deux parents étaient disposés à nous aider. Mais nous n’allions pas reculer, nous étions déterminées à agir : dans notre vision, les enfants allaient être à l’abri de la pluie.

Inauguration des travaux

Une cérémonie en présence du ministre, le Pr N’Dori, entouré de Sous-préfet, Président de conseil général, représentant de la Mairie, de l’Inspection primaire, de journalistes télé, radio et journaux, a marqué l’inauguration officielle du début des travaux et le lancement du projet d’échange canado-ivoirien.

Un organisme non gouvernemental ivoirien, le Cercle des Amis du Monde (CAM), établi à Abidjan et présidé par Mme Pauline Membé, a décidé de prendre part aux activités de rénovation et deux bénévoles (Mathieu et Thimoté) du CAM ont travaillé activement à la réhabilitation.

Les jeunes à l’action

L’arrivée d’une équipe de Canadiennes, manches relevées, marteau, balai et pinceaux en mains, occupées à rebâtir « leur » école, a attiré la curiosité de quelques jeunes gens qui se sont approchés et ont accepté de travailler avec nous.  Sans eux, notre projet n’aurait pu être réalisé que difficilement. Ils sont devenus arracheurs de vieilles tôles, menuisiers, maçons, peintres; les bénévoles du CAM ont supervisé avec diplomatie cette belle équipe de jeunes travailleurs.

Monsieur Marcel Zako, chef électricien en bâtiment depuis plusieurs années et plombier de métier, par pur esprit de solidarité, a pris son congé de deux semaines et consacré son expérience à la reconstruction de l’école.

Tandis que les arracheurs de tôles se mettaient au travail, que les jeunes peintres sablaient les murs des six classes, les maçons ont évalué la meilleure façon de réparer les murs, et les menuisiers ont cherché les moyens de redonner vie – à moindre coût – aux portes et aux charpentes transversales.

Les adultes sont impressionnés

À la fin de la première journée de travail, les adultes du village sont venus voir les travaux amorcés et constataient que notre projet de rénovation démarrait avec force.  Le lendemain, une dizaine d’adultes supplémentaires se joignait à l’équipe…. Une réelle victoire.

La majeure partie de l’équipe a travaillé environ une semaine, de 6 heures du matin à sept heures le soir, après laquelle la transformation était spectaculaire. L’école avait complètement fait peau neuve… Un nouveau look !

Célébration et au revoir

Le vendredi 26 septembre, 15 jours exactement après la toute première visite à l’EPP Sambrégnakro, on plantait des piquets autour d’un terrain de jeu et montait le filet de volley-ball. 

Une joute formidable a rassemblé grands et petits sous l’auréole de la joie, du rire et du contentement.

Quelques dignitaires sont venus saluer les Canadiennes avant leur départ. Des représentants de la mairie et du Conseil général d’Agboville ont remercié les organisatrices du projet et félicité tous ceux qui y ont participé.  Une belle remise de cadeaux s’est déroulée.  En plus des boîtes de livres, de crayons et de cahiers, des tee-shirts, des tissus, du matériel de couture et des cartes géographiques ont été offerts.  Des témoignages émouvants ont été échangés.

La directrice de l’EPP Sambrégnakro, Madame Asseu Antoinette Audi, a convié tout le monde à un superbe repas chez elle.

Le maire d’Agboville, Dr Claude Chiedou, qui ne pouvait se dégager de ses activités plus tôt, est venu offrir ses remerciements à l’équipe canadienne et quelques présents.

Surtout, il a apporté la promesse – devant témoins – qu’à titre de responsable administratif de l’EPP, il ferait installer l’électricité et l’eau courante à l’école que les Canadiennes avaient contribué à rénover.

Il a également formulé le vœu, pour la ville d’Agboville, qu’elle soit jumelée à une ville canadienne.  Béatrice lui a donné sa parole d’honneur qu’elle fera tout en son pouvoir pour que ce jumelage devienne réalité.  Il a offert un merveilleux pagne en signe d’amitié à la ville canadienne qui formera un partenariat avec Agboville.

Quel beau voyage …

S’unir pour mieux se connaître est maintenant une réalité…

 Merci au Pr Raymond N’Dori, Ministre de la Contruction et de l’Urbanisme
Merci à Mme Diane Martin, Fondation des Femmes Autonomes du Monde
Merci au Directeur du Centre d’Intégration Scolaire de Montréal Inc.
Merci à la Direction du Cirque du Soleil pour son soutien financier
Merci au groupe TAKAKJA
Merci à Mme Lucie Pelletier pour la vente de garage
Merci  à tous les donateurs et bénévoles Ivoiriens et Canadiens
Merci à tous les membres du Regroupement Ivoiro-Canadien
Merci à tous ceux qui ont cru en notre projet

Vive les liens Canado-Ivoiriens…

 

Photos :

Avant projet        Lettres        Instigatrices        Nouveau look

 

Accueil | Qui nous sommes | Mot du Bureau | Bureau | Feuille de route | A venir | Projets | Revue de presse | Autres sites | Informations