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Entrevue Madame Béatrice Zako, travaille à l’Institut de réadaptation de Montréal à titre d'agente administrative à la facturation, après une formation secrétariat /comptabilité au collège supérieur de Montréal. Madame Zako , qui a 35 ans, est originaire de la Côte d’Ivoire; elle vit au Canada depuis 13 ans. Depuis bientôt 3 ans, elle préside aux destinées du Regroupement ivoiro-canadien (R.I.C.) à Montréal. Amina l’a rencontrée pour en savoir un peu plus sur cette structure. Qu’est ce qui a motivé la création du Regroupement ivoiro-canadien (R.I.C.) ? Plusieurs éléments ont contribué à sa mise sur pied. Ce sont :
Formée à l’institut hôtelier d’Abidjan, j’ai travaillé à l’EXPO 92 de Séville pour le compte de mon pays au restaurant «Marmita Africana», où l’on servait des mets typiquement ivoiriens. Cette expérience fut tellement enrichissante pour moi qu’une fois à Montréal, j’ai décidé d’organiser des buffets ivoiriens dans les centres communautaires pour faire découvrir aux Québécois et Canadiens les saveurs de chez nous. La réaction fut tellement positive qu’aussitôt qu’on se retrouvait à plus de 10 personnes à mon domicile, je proposais aux amis des films et des documentaires ivoiriens tels, << Bal poussière>>, << La richesse de la Côte d’Ivoire repose sur l’agriculture >> etc. Ce dernier documentaire montre la Côte d’Ivoire dans toute sa splendeur et les Québécois ont vraiment apprécié. Lors de ces rassemblements amicaux, chaque invité manifestant de l’intérêt pour la culture de l’autre, l’idée de la création du R.I.C. fut discutée et approuvée par mon époux et l’ensemble des personnes présentes; et depuis notre devise au sein du R.I.C. est devenue : S’unir pour mieux se connaître. Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixés ?
Observe-t-on un engouement certain des Ivoiriens du canada pour les activités du RIC ? Nos activités étant diversifiées, chacun peut participer seul ou en famille. Malgré l’emploi du temps très chargé des uns et des autres, les frères et sœurs trouvent le temps de participer à nos activités. Ils sont toujours présents là où le R.I.C. et la Côte d’Ivoire sont à l’ordre du jour, car n’oublions pas que l’union fait la force. Quelle est l’implication des Ong et des autorités canadiennes dans vos actions ? Lors de la création du R.I.C, nous avons eu l’honneur de recevoir Monsieur André Boulerice, ministre québécois, délégué de l’immigration d’alors, et deux anciens médecins qui ont pratiqué durant 20 ans en Côte d’Ivoire et l’écrivain Monsieur Bernard Couteau (auteur–écrivain) qui a fait don de 80 exemplaires d’un de ses titres à notre organisation. Nous avons aussi eu la visite de Monsieur François Gérin-Lajoie, directeur de la Fondation Paul Gérin-Lajoie, qui parraine plusieurs enfants à travers le monde. Il faut souligner également que certaines autorités ivoiriennes (plus particulièrement M. Abouo N’dori, ministre de la construction et de l’urbanisme) nous ont aidés lors de notre initiative de rénover l’école primaire Sambrégnakro à Agboville en Côte d’Ivoire. Cette rénovation a été un succès. En tant que présidente de cet organisme, en quoi consistent concrètement vos activités ? Le but de nos activités est de rapprocher les deux peuples pour qu’ensemble nous puissions nous connaître pour éliminer les préjugés et les craintes de chacun. Lors de certaines activités, le co-voiturage est un moyen efficace pour se côtoyer et faire plus amples connaissances les uns avec les autres. Le jour du Nouvel An permet aussi à chacun d’apporter un met de chez lui et le partager avec l’autre. Les jeux sont organisés durant cette soirée en plus de danser au son de la musique des deux pays. Toute rencontre est pour nous un grand moment d’échanges. Mon rôle est de superviser et de coordonner toutes ces actions. Quels sont les projets que vous avez mis en oeuvre et que comptez vous faire dans un futur proche ? 1. Le Projet J’ECHANGE POUR APPRENDREC’est un projet qui a pris naissance au Québec et qui a consisté à faire le jumelage entre deux écoles primaires : le Centre d’intégration scolaire (CIS) de Montréal et l’école primaire publique de Sambrégnakro, à Agboville. Après des échanges de courriers, les amis du CIS ont décidé de donner des effets scolaires à leurs amis de Côte d’Ivoire. Une lettre d’un élève de Sambrégnakro qui parlait de l’état de délabrement de son école a poussé le RIC et la FFAM (Fondation des Femmes Autonomes du Monde) présidée par Mme Diane Martin de faire une levée de fonds pour aider à la rénovation de cette école qui était condamnée à être fermée. Des dons de livres, des ballons de football et de volley-ball, des cordes à sauter, des cahiers scolaires, etc., ont été offerts en plus des travaux de rénovation. Aujourd’hui, l’école est sauvée. 2. Un autre projet et non des moindres le JUMELAGE entre Mascouche (Québec) et Agboville (Côte d’Ivoire) Du 2 au 12 septembre dernier, nous avons reçu la visite de M. Claude Tetchi, Maire de la ville d’Agboville, pour nouer des liens de partenariat et de jumelage avec la municipalité de Mascouche dirigée par Monsieur Richard Marcotte, président des conférences des élus de la région de Lanaudière, vice-président d’infrastructures Québec, membre du conseil d’administration de la fédération québécoise des municipalités. Cette personnalité de taille a donné son approbation pour le rapprochement des 2 communautés. Quels sont les autres contacts et activités que vous avez organisées pour le maire d’Agboville ? A L’intention du Maire d’Agboville, nous avons organisé des visites dans plusieurs lieux où il fut accueilli. Ce sont : L’IRM (Institut de réadaptation de Montréal) dont le directeur est monsieur Jacques Nolet; c’est un des plus grands centres de réadaptation en Amérique du Nord; cette structure dispose de plusieurs programmes : TCC (traumatisés crâniens cérébraux) – AMPUTÉS - AVC –DMC (accident vasculaire cérébral et déficience motrice cérébrale) BM (blessés médullaires) et la direction des technologies de réadaptation. il y a eu aussi une visite au GROUPE BERGER (Sons et Lumières), dont le président, M. Guy Berger, nous a apporté son soutien en invitant le maire et 8 autres personnes à un dîner VIP lors du festival de Montgolfières de Saint-Jean-Sur-Richelieu et Gatineau. Il a manifesté son désir d’avoir des partenaires en Côte d’Ivoire pour échanger son expertise avec d’autres compagnies mais aussi pour participer à une tournée de campagne sensibilisation sur le V.I.H sida, ce fléau qui détruit la jeunesse africaine; la compagnie MAUROX a échangé avec le maire Tetchi sur les potentialités des machines agricoles et comment elles pourraient servir à une ville en développement comme Agboville; et enfin la Ville de Montréal par le biais de son directeur des affaires intergouvernementales et extérieures, Monsieur Robert Létendre, a acquitté les frais de la salle de réunion pour la dernière journée d’échanges culturels. Ce qui n’est pas peu ! Qu’est ce qui est noté sur votre agenda pour le futur ? Plusieurs autres projets sont en attente :
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien dans la gestion du R.I.C. ? Étant donné que le R.I.C. est un organisme sans but lucratif, donc pas de salaire pour tous ceux et celles qui travaillent dans le bureau; le bénévolat est la clé de notre réussite. Je suis très contente du rendement de nos membres à ce jour. Nous avons toujours des personnes disponibles et volontaires pour donner un bon coup de main dans tous les secteurs. Je profite de votre magazine pour les remercier infiniment. Quel message avez-vous pour vos compatriotes ? La devise du R.I.C. étant : S’UNIR POUR MIEUX SE CONNAÎTRE, j’adresse à tous, et ce, au nom de tous les membres et sympathisants de notre association, un message d’AMOUR, PAIX, FRATERNITÉ, ET UNION pour que vive notre Côte d'Ivoire. Quels sont vos hobbies, et à quoi consacrez vous vos moments de détente ? Mes passe-temps favoris sont la lecture et l’écriture. J’aime aussi à quelques occasions, regarder les documentaires sur les animaux dans leur habitat naturel, ou un bon match de hockey et quand je ne fais rien de tout cela, je prie le seigneur pour gagner le gros lot et venir en aide aux enfants du tiers monde en faisant construire aux filles, un grand atelier de couture avec plusieurs machines et pour les jeunes un grand atelier de menuiserie avec également tout l’équipement nécessaire à leur apprentissage. Le produit de leur effort sera vendu sur le marché et ils se paieront un salaire avec ces revenus. Et je suis sûre qu’un jour le Seigneur entendra ma prière… Propos recueillis par Jacques BILÉ. |
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